Quand vous partez en vacances, vous avez pris l’habitude de vous organiser pour ne pas laisser la maison sans surveillance, pour caser le chien, pour arroser le jardin… Et votre potager?

J’entends souvent des gens me dire qu’ils ne peuvent pas avoir de potager parce qu’ils partent beaucoup en été.
De quoi ont-ils peur? Que les salades montent en graines; que les oiseux profitent des framboisiers à leur place; que des aromates se mettent à fleurir? Quel est le problème. Vous mettrez ces salades au compost (excellent! On en parlera d’ailleurs dans un prochain article); vous couperez les hampes fleuries des aromates pour leur donner une nouvelle vie; vous profiterez des nouvelles framboises début septembre.
Alala les idées préconçues…

Il y a tout à fait moyen de s’absenter et que le potager ne meure pas. Voyons comment faire.

Arrosez-le bien avant votre départ.

Contrairement à ce que l’on a tendance à croire, les plantes n’ont pas besoin de beaucoup d’eau pour se développer. Il est important de les arroser au printemps pour leur donner toutes les chances de bien prendre racine. Mais il vaut mieux espacer les arrosages par la suite sinon elles prennent l’habitude d’être dorlotées et leurs racines recherchent l’eau uniquement en surface. Voilà d’où vient le problème quand l’été chaud arrive. Les racines ne vont pas puiser en profondeur, votre plante est donc fragile et mal ancrée dans le sol. Elle risque d’avoir soif mais aussi de se déraciner sous le poids des fruits/légumes.
Ce n’est pas pour rien qu’un des dix principes de la permaculture est « l’utilisation optimale de l’eau » (grâce à la récupération de l’eau de pluie et à la protection du sol – nous y reviendrons). Souvenez-vous de l’article dans lequel j’explique que la permaculture est un mode de culture qui utilise des savoirs traditionnels et reproduit ce que fait la nature.
Mais encore fait-il les arroser convenablement. Arrosez la terre, pas les feuilles. L’eau s’évapore moins et va directement aider la partie de la plante qui en a besoin, à savoir les racines. Les incas ou les premiers permaculteurs (bien avant 1970) ne passaient pas leurs soirées à arroser…
Dans un jardin en permaculture, le jardinier agit un peu comme un chef d’orchestre: il laisse la nature agir et il veille à l’harmonie générale. Voilà pourquoi nos deux sujets suivants sont si importants.

Paillez-le pour ne pas laisser pas la terre à nu.

« Pailler votre sol » signifie couvrir la surface du sol avec par exemple des tontes de gazon, des feuilles mortes, de la paille, du foin, des déchets de cuisine ou les résidus de vos récoltes, des feuilles d’ortie ou de consoude (on y reviendra dans un nouvel article), etc.
Le paillage du sol offre de multiples avantages :
l’eau que vous venez de mettre aux pieds de vos légumes s’évaporera nettement moins,
– les mauvaises herbes ne seront pas tentées de montrer leur nez puisqu’il y aura moins de photosynthèse,
– votre terre se fertilisera naturellement car les organismes du sol vont venir se nourrir de ce paillis,
– et la bonne matière organique (bons nutriments) de votre sol ne sera pas éliminée par la pluie et l’assèchement dû au soleil (on parle ici de lessivage).
La boucle est ainsi bouclée:  eau + paillis = fertilité + facilité. Voilà les clefs de la réussite de votre potager.

Associez vos légumes correctement.

C’est encore un grand principe des potagers en permaculture! « Associer (et non diviser) pour mieux régner ». Associer des cultures, c’est imbriquer et cultiver plusieurs plantes différentes au même endroit et en même temps.
On va donc construire son potager en appliquant ces associations:
– pour que la plante ait une action positive sur sa voisine. On améliore ainsi nos récoltes en stimulant la croissance de plantes placées en bonne compagnie (ex. carotte/oignon, tomate/basilic) ou en repoussant certains parasites (chou/piéride, courges/capucines).
– pour maximiser l’espace et le temps. Toutes les plantes ne poussent pas à la même vitesse (carotte/radis) et ne prennent pas la même place dans le sol (panais/betterave) ou au-dessus du sol (salade/chou).

Le sujet vous intéresse? N’hésitez pas à venir aux formations pour en savoir beaucoup plus

En anticipant, vous partirez serein!

✍️ Ca vaut la peine de penser au plan et au contenu de son potager
pour se simplifier la vie lors de l’entretien et des récoltes.
Besoin d’aide? Voyez comment je procède.

 🎧  Ecoutez ici d’où est née cette passion du potager  🎧

L’art du potager est assez rationnel et structuré finalement.